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Fiche Technique Gestion des bordures de champs
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©Farre 2015
©Farre 2015
Descriptif

Les bords de champs, qui représentent l’interface entre  les zones cultivées et le milieu environnant, ont un rôle essentiel dans la préservation des équilibres naturels. La conception et la gestion de ces espaces fait partie des leviers de protection intégrée à ne pas négliger. Petit tour d’horizon de ses différentes fonctions de ces zones non cultivées. Les bordures de champs possèdent  des avantages très concrets pour la parcelle cultivée avoisinante  en matière de gestion de l’eau, fertilisation, protection des cultures.  Ella a également un  intérêt plus global  pour la  protection de la faune sauvage, de la flore, de la biodiversité et  du patrimoine sol….

Conserver les bordures végétales préexistantes
-
Le long des cours d’eau : Pour lutter contre les pollutions diffuses, les bordures qui longent ruisseaux, fossés plan d’eau sont déterminantes et reposent sur des exigences réglementaires
-En bas de pente pour limiter l’érosion et limiter les écoulements
-Le long de clôtures, routes, chemin, cultures pérennes : le fait  de favoriser la végétation augmente la biodiversité
-Entre des parcelles 





Favoriser la couverture végétale des bords de champs
Le choix des espèces et mélanges d’espèces  à implanter dépendront de l’objectif recherché  (créer un bol alimentaire pour les pollinisateurs, abri pour la faune, favoriser les auxiliaires de culture)
 Selon les espèces implantées il s’agira : 
-D'augmenter l’influence des auxiliaires sur la parcelle cultivée
-Favoriser les pollinisateurs
-Attirer les ravageurs en dehors des parcelles.  
Attention cependant aux adventices réglementées au niveau national et départemental (chardon, ambroisie…)
 
Entretenir les bordures de champs
Il faut éviter   :
-De broyer ou faucher les bordures entre mai et août pour éviter la destruction des abris des mammifères et oiseaux. Le broyage trop ras entraine une mortalité importante des pollinisateurs et des insectes .De telles pratiques dans ces périodes est donc contreproductive vis-à vis de la biodiversité
-L’application d’herbicides est déconseillée sur ces bordures voire interdite en bordure de cours d’eau.  La recolonisation par la végétation peut prendre beaucoup de temps et laisse toute la place au développement  d’adventices des cultures voisines (Brome notamment).
-En cas de présence de chardons un broyage localisé, un échardonnage manuel ou une application localisée d’herbicides spécifiques peut s’avérer nécessaire.
 

Conditions

Ce qui est préconisé :
-Le broyage, s’il est indispensable,  doit être réalisé plutôt  en automne 
-Si possible éviter des broyages trop ras (inférieur à 15cm)
-Lorsque c’est possible (matériel disponible) favoriser la fauche plus que le broyage , et ce à au moins 15 cm du sol pour permettre à la faune dans le couvert  de fuir
-Le rouleau hacheur est une alternative intéressante (temps de travail, consommation de gasoil, respect de la biodiversité)
- Pour les bandes constituées de jachères distantes des cours d’eau , et pour lesquelles il faut éviter la montée à graines ; l’emploi d’herbicide doit se faire à très faible dose aux stades autorisés.  Se reporter aux spécificités réglementaires de votre région.
-Réaliser une bande de séparation entre le bord de champs et la culture en place pour  limiter l’extension des adventices
-Il faut minimiser l’impact des pratiques de fertilisation et de protection phytosanitaire mis en places pour la culture en place, sur la bordure de champs : pour  cela le réglage du matériel est indispensable pour limiter la dérive et dans le respect des conditions d’utilisation des produits et des bonnes pratiques agricole permettront de conserver la diversité des bordures de champs.
 

Intérêts et limites

Intérêts :
Contribution des bords de champs à la lutte contre l’érosion 
La capacité d’une bordure de champs à  réduire l’effet de l’érosion dépend d’abord de sa  porosité  qui  va elle-même conditionner  l’infiltration : par exemple une surface en herbe  a une perméabilité supérieure en effet  à celle d’un sol travaillé. De même, la densité et la hauteur du couvert végétal  son ancienneté, ainsi que la composition floristique joueront un rôle sur l’intensité de l’érosion : un couvert ancien avec un enracinement dense va augmenter la porosité du sol  et résister ainsi au ruissellement. Le placement de ces aménagements  en fonction de la topographie du bassin versant a également toute son importance .Pour réduire  le ruissellement diffus au sein d’une parcelle le bord de champs le plus important se situe en aval de la parcelle. Il est conseillé dans ces zones de mettre en place des bandes enherbées (d’autant plus si ces parcelles sont en bord de cours d’eau)
 
Contribution des bords de champs pour limiter les pollutions diffuses
Les bordures de champs permettent  de réduire les pollutions diffuses  pouvant résulter de l’emploi de fertilisants ou de produits phytopharmaceutiques. L’efficacité de   de la bordure enherbée dépendra comme pour le phénomène d’érosion  de l’ancienneté du couvert, de sa composition, de sa hauteur,  et de sa disposition au regard du bassin versant. Selon la localisation et la nature des problèmes, on jouera sur la largeur de la bordure enherbée en se conformant aux règlements qui la régissent. Aujourd’hui, les bandes enherbées sont imposées sen bordure de cours d’eau. Attention également dans les zones hydromorphes  en hiver : l’eau ne s’infiltre plus du fait de la saturation des sols, il faut alors également élargir la bande.
 
Contribution des bords de champs  à la vie du sol :
Les bords de champs sont des zones moins perturbées que l’intérieur des parcelles qui, souvent ont été travaillées en profondeur ou de manière superficielle. Les bordures sont donc des espaces de maintien de la diversité de la faune du sol et un réservoir  de la microfaune du sol pour recoloniser la parcelle cultivée et donnant de la résilience au système de production.
 
 Contribution des bordures de champs au maintien d’une flore spontanée
La flore spontanée contribue  à la biodiversité   et permet le maintien des chaînes alimentaires.  La micro-faune  (vers de terre, insectes) qu’elle héberge permet d’alimenter la macrofaune (rongeurs, oiseaux. Attention cependant à cette flore car elle présente un risque potentiel pour le salissement des parcelles cultivée. La connaissance de la flore spontanée est donc très importante pour ne maintenir que celle utile à la biodiversité et non nuisible à la culture
 
Contribution des bordures de champs au maintien d’un équilibre entre auxiliaires et ravageurs
La proximité d’une haie, d’une bordure, ou d’une bande enherbée fournit le gite et le couvert  à de nombreux auxiliaires, ennemis d’un certain nombre de ravageurs de cultures. Là encore ces zones constituent des réservoirs. Cela permet de limiter la pullulation intra parcellaire. Les carabidés, les coccinelles, les syrphes, des chrysopes, arachnides, punaises, micro-hyménoptères parasitoïdes , mais aussi les oiseaux insectivores permettent de réguler  un certain nombre de ravageurs.
Bien constitués ces bordures permettent de faire pencher la balance en faveur des auxiliaires  sans favoriser les bio-agresseurs des cultures voisines.
 
Contribution des bordures de champs  à la diversification  des pollinisateurs
L’essentiel de la diversité botanique se situe dans les premiers mètres de la parcelle semée. Les observations montrent que 80% de la diversité floristique d’une exploitation agricole est localisée dans les bords de champs.  Le bol alimentaire  des pollinisateurs et des auxiliaires floricoles au stade adulte  est directement lié à cette diversité floristique. Attention, pour les insectes cependant, tous les pollens n’ont pas la même «  valeur » : bourrache, trèfle, ombellifères, astéracées, tilleul, châtaignier,  sont très recherchées, d’autres moins pour leur carence en certains acides aminés voire pour leur toxicité (pissenlits, séneçon).
 
Par ailleurs la diversité floristique des bords de champs est garante d’une diversité alimentaire pour les pollinisateurs. Diversité nécessaire à un bol alimentaire riche et mieux équilibré, condition qui  contribue à une meilleure santé de ces pollinisateurs. L’enrichissement d’une bordure de champs en légumineuses améliore la diversité des pollinisateurs.
 
Contribution des bords de champs au maintien de la faune sauvage
Les bords de champs  est un espace de vie pour la faune sauvage. Cet espace fournit la nourriture et constitue également au printemps des zones de nidification. C’est également un espace d’abri en hiver pour la faune, et de refuge lors des périodes de grands travaux agricoles. Là encore bien gérée ces bords de champs sont des espaces offrant une protection  pour de nombreux oiseaux  vis-à-vis de prédateurs (renards, rapaces, corvidés..). La composition végétale, la densité et hauteur de végétation impacte  directement le potentiel alimentaire et  de nidification des bords de champs.
 
Limites :
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Aller plus loin

Sources et liens pour plus d'information :

Chambre d'agriculture du centre. Gestion des bords de champs cultivés : agriculture, environnement et faune sauvage. Pub. coll. 24p
Gestion des bords de champs et biodiversité en plaine céréalière - Caroline le Bris(Association Hommes et Territoires), Frédéric Michau (ONCFS, Délégation inter-régionale Centre – Île-de-France), David Herman (Chambre interdépartementale d’agriculture d’Île-de-France), Aude Bouron (Fédération régionale des chasseurs du Centre), Céline Lesage (Fédération départementale des chasseurs du Loiret)
Les bords de champs cultivés, pour une approche cohérente des attentes cynégétiques, agronomiques et environnementales Courrier de l'environnement de l'INRA n°34, juillet 1998
L’enjeu des bords de champs : ONCFS, ITB, CETIOM, FNC, Arvalis & Syngenta
Entretenir les bordures de champs et les bandes enherbées - Sylvie Guiet -Article Terra - Gérer les bords de champs et maîtriser les adventices (2014)
Quelles essences pour quels auxiliaires ?Réalisation : CA49 / Conception : CA72 / Edition : mai 2012
Témoignages vidéos Farre

Lien(s) vers d’autres leviers et problématiques

Raisonnement parcellaire
Bandes enherbées
Auxiliaires et pollinisateurs

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