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Fiche Technique Désherbage mécanique
Notation -+
Coût :
Technicité :
Temps :
©Farre 2017 Moulinets
©Farre 2017 Houe rotative
Descriptif

Il existe diverses solutions de désherbage mécaniques en production légumière, que ce soit du désherbage en plein via la herse étrille ou la houe rotative, ou du désherbage sur le rang via des doigts ou moulinets, ou encore en inter-rang via la bineuse. Nous tenterons de décrire ici ces différentes solutions de désherbage mécanique. Il faut savoir cependant que pour limiter le recours aux herbicides, il est important de combiner le désherbage mécanique à d’autres techniques de gestion des adventices au sein du SDC, (faux semis, une succession variées, l’alternance labour/non labour etc)
Désherbage mécanique  en plein via la herse étrille ou la houe rotative
La herse étrille est un outil équipé de dents longues et souples montées sur des panneaux articulés. Cet outil travaille le sol de manière très superficielle et agit sur des adventices en cours de germination ou à un stade précoce
La houe rotative est équipée de  roues étoilées, fixées sur un bras monté sur ressort et munies de doigts terminés en cuillères. Il s’agit ici de déterrer ou de recouvrir les adventices en brassant une fine couche de terre.
Désherbage mécanique sur le rang : doigts ou moulinets
Doigts souples placés sur les éléments bineurs de la bineuse. Ceux-ci arrachent les adventices sur le rang à des stades jeunes.
Désherbage mécanique de  l’inter-rang via la bineuse
La bineuse est un outil soit à  dents,  ou à brosses, et elle  arrache les adventices tout en remuant la terre dans les inter-rangs.

 

Conditions

Désherbage mécanique  en plein via la herse étrille ou la houe rotative
La herse étrille et la houe rotative s’utilisent :
-soit en aveugle avant la levée de la culture,
-soit après la levée, à des stades  précis, selon les cultures,
Pour la herse étrille, les adventices doivent être au stade « fil blanc », au maximum, au stade « cotylédons ». (Stades précoces à privilégier)
Pour la houe rotative, l’efficacité se réduit lorsque les adventices dépassent le stade « cotylédons ».
Le sol doit être plat, rappuyé et suffisamment ressuyé sans qu’il soit trop sec. Après l’intervention, il faut un à deux jours sans pluie pour assurer la dessiccation des adventices.
Le temps de travail pour cette technique est variable en fonction de la vitesse d’avancement  et de la largeur de la herse étrille  (5 et 10 ha/h.), idem pour la houe rotative (en moyenne de 5 ha/h.)

Désherbage mécanique sur le rang : doigts ou moulinets
Cette technique s’applique  à des stades variables selon les cultures, mais généralement du stade cotylédon au stade quatre feuilles des adventices.
Le sol doit être plat, rappuyé et suffisamment ressuyé sans qu’il soit trop sec. Après l’intervention, il faut un à deux jours sans pluie pour assurer la dessiccation des adventices.
Le temps de travail pour cette technique est variable en fonction de la vitesse d’avancement  et de la largeur de la bineuse (nombre de rangs) et de la vitesse d’avancement, en moyenne entre 0,5 et 3 ha/h.

Désherbage mécanique de  l’inter-rang via la bineuse
La bineuse s’utilise du stade 1- 2 feuilles au stade couverture du rang Certaines bineuses sont efficaces même sur des adventices développées jusqu’à 10 à 15cm.
Le sol doit être plat, rappuyé et suffisamment ressuyé sans qu’il soit trop sec. Après l’intervention, il faut un à deux jours sans pluie pour assurer la dessiccation des adventices. En légumes d’industrie, il faut que le sol reste suffisamment plat afin de ne pas perturber la récolte.
Le temps de travail pour cette technique est variable en fonction de la largeur de la bineuse et de la vitesse d’avancement, en moyenne entre 2 et 7 ha/h
 

Intérêts et limites

Intérêts :
Agronomiques
Les 4 approches de désherbage mécanique ont l’avantage  de  diminuer le risque de battance et d’érosion par augmentation de l’aération du sol ; et ces outils permettent de casser une éventuelle croûte de battance.

Environnement :
Diminution des transferts de polluants vers l’eau et l’air grâce à la réduction des herbicides 
Limites :
Temps de travail :
Pour la herse étrille, il y a une légère augmentation du temps de travail due au réglage qui peut être délicat et doit être fonction du stade de la culture. Pour la houe rotative  également , il y a une  augmentation du temps de travail dû à la faible largeur de l’outil .Les plages possibles d’interventions peuvent être courtes voire inexistantes certaines années (en moyenne  3 années sur 5).
Pour les doigts ou moulinets  il y a une augmentation du temps de travail et les plages d’interventions peuvent être courtes certaines années.
Pour la bineuse, on a également une augmentation du temps de travail inversement proportionnel à la largeur de l’outil. Et les plages d’interventions peuvent être courtes certaines années, surtout lorsque le printemps est humide.
 
Economique : Investissement matériel 
Nécessite un investissement  pour la herse étrille d’environ 5000 € (6 m de large) à 10 000 € (12 m de large).  Et environ 10 000 € pour une houe rotative  de 6 m de large. Les incidences sur les charges opérationnelles sont nulles à faible, puisque l’augmentation de la consommation en carburant est compensée par la diminution d’achat d’herbicides. Il faut compter environ 5 % de semences en plus pour compenser les pertes de pieds avec la herse étrille et 10% de plus avec la houe rotative
Pour les doigts ou moulinets,  il faut compter un investissement d’environ 500 € par rang en plus de la bineuse. Incidence sur les charges opérationnelles nulle à faible, (augmentation de la consommation en carburant est compensée par la diminution de l’achat de produits phytosanitaires)
Pour la bineuse il faut compter  un investissement allant de 4000 € à 40 000 € selon les types de bineuses, les largeurs, les marques … Idem,  que les autres méthodes, l’incidence sur les charges opérationnelles nulle à faible, puisque l’augmentation de la consommation en carburant est compensée par la diminution de l’achat de produits phytosanitaires)

Agronomiques
Pour la herse étrille et houe rotative : possibilité de perte de pieds pouvant atteindre 5 à 15 % si l’outil est mal réglé, selon le stade de la culture et les conditions de sol ; Il y a aussi un risque  d’augmentation de la levée de nouvelles adventices, mais la culture exerce sur elles une forte concurrence due à leur levée tardive.
Pour les doigts ou moulinets,  et la bineuse on a également une  augmentation de la levée de nouvelles adventices, mais la culture exerce sur elles une forte concurrence due à leur levée tardive. Les doigts ou moulinets  est une technique qui  n’est pas  adaptée aux sols lourds, caillouteux, en forte pente et lorsque l’inter-rang est inférieur à 25 c . Comme les autres méthodes il existe un risque de perte de pieds lors des passages.

Qualité du produit : Pour la herse étrille, lorsque le passage de herse est trop tardif, il peut y avoir une incidence sur les cultures légumières dont les feuilles sont récoltées.

Environnement : augmentation des consommations d’énergie fossile et donc augmentation des GES
 

Aller plus loin

Sources et liens pour plus d'information :

Guide pratique de conception des systèmes de culture en production légumieres fiches 14, 15, 16, 17

Lien(s) vers d’autres leviers et problématiques

Faux semis

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