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Fiche Technique Biocontrôle : Bacillus subtilis
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Feu bactérien du poirier (E. amylovora) ©Bayer
Exemple de colonisation du milieu par B. subtilis QST 713 ©Bayer
Descriptif

Le feu bactérien, une maladie redoutée par les arboriculteurs

Le feu bactérien ou Erwinia amylovora est l'une des plus dangereuses maladies des poiriers et des pommiers. C’est une maladie de quarantaine : la lutte et la destruction des bois est obligatoire dans les parcelles atteintes.
Les bactéries d’E. amylovora se conservent pendant l’hiver dans les chancres souvent issus de contaminations tardives.
Au printemps, la dissémination est assurée par la pluie, le vent, les outils de taille…
Les spores d’E. amylovora pénètrent alors principalement par les fleurs mais également par les jeunes pousses et les plaies. Les périodes favorables apparaissent dès lors que la température est supérieure à 21°C, accompagnée de pluie, de grêle voire même de vent violent.
À la suite de l'infection, les fleurs et les feuilles des bouquets floraux flétrissent et noircissent. Dans des conditions favorables, des branches entières peuvent flétrir et se dessécher en quelques jours. Un chancre peut se développer sur l'écorce. Il servira potentiellement à contaminer l’année suivante.

Bacillus subtilis QST 713, une bactérie capable de lutter contre une autre bactérie

Bacillus subtilis QST 713 est une bactérie d’origine naturelle qui a été isolée pour la première fois en 1995 à partir d’un sol californien.
Cette bactérie et les composés qu’elle produit naturellement présentent un large spectre d’activité sur des maladies fongiques et bactériennes.

En ce qui concerne le feu bactérien, B. subtilis QST 713, utilisé en application foliaire comme un fongicide classique, agit selon différents modes d’action:

une activité directe antibactérienne par le blocage de la formation des parois cellulaires d’E. amylovora.

une activité indirecte par :

- une compétition spatiale et trophique : les spores de B. subtilis QST 713 sont capables de se développer dans certains milieux (fleurs, blessures et autres niches favorables) et ainsi d’entrer en concurrence avec les microorganismes pathogènes tel que les spores d’E. amylovora.

- la mise en place de mécanismes de défenses naturelles : B. subtilis QST 713, lorsqu’elle entre en contact avec la plante sur laquelle elle est pulvérisée, active les défenses internes de la plante et stimule ses réponses physiologiques de défense. Cela se traduit au sein de la plante par une production accrue de peroxydase, enzyme jouant un rôle dans la synthèse des parois cellulaires des végétaux.

Conditions

La prophylaxie, premier moyen de protection contre le feu bactérien :
Afin de contrôler efficacement le feu bactérien, il est primordial d’assurer une prophylaxie au verger.
Cela se traduit par les recommandations suivantes :
- Suppression et destruction systématique des foyers de contamination
- Désinfection des outils de taille
- Taille avant mars par temps sec en commençant par les vergers sains et en terminant par les vergers contaminés
- Traiter après récolte, à la chute des feuilles et avant débourrement avec un produit cuprique

La prophylaxie est indispensable mais souvent insuffisante contre le feu bactérien. Elle nécessite donc d’être complétée par des applications en végétation de différentes solutions efficaces contre E. amylovora telles que Bacillus subtilis QST 713.

Recommandations d’utilisation de Bacillus subtilis QST 713 contre le feu bactérien en PFI:
La période de contamination prépondérante intervient durant la floraison principale.
Il sera donc important de démarrer les interventions au début de cette période, notamment lorsque les fleurs forment un ballon creux (BBCH 59). En effet, B. subtilis, positionné au cœur des fleurs, pourra agir directement sur les spores d’E. amylovora grâce aux composés antibactériens qu’il produit naturellement, mais également par compétition spatiale et trophique à ce moment-là.
Ensuite, il conviendra d’intervenir à nouveau aussi souvent que nécessaire pour protéger les nouvelles fleurs écloses, particulièrement lorsque les conditions seront favorables aux contaminations.

Caractérisation du risque de contamination par le feu bactérien durant la floraison principale
Conditions climatiques
Présence de fleurs et températures élevées :
- températures ≥ 24°C
ou
- température mini ≥ 12° C et
température maxi ≥ 21° C le même jour

Positionnement des traitements
Intervenir dès que le risque de température est atteint, préventivement des épisodes pluvieux.
Conditions de renouvellement :
- si 20mm de pluie ou immédiatement après une grêle
- 3 jours après le précédent traitement si le seuil est régulièrement dépassé.
- 4 à 5 jours après si le seuil est atteint de nouveau.

Après la chute des pétales et durant la croissance végétative, les applications devront se poursuivre, particulièrement si le risque de contamination reste élevé et en veillant à bien protéger les floraisons secondaires. De plus, il conviendra d’intervenir rapidement après un accident climatique (orages violents ou grêle). Les contaminations de feu bactérien peuvent se poursuivre jusqu’à la mi-juin. Durant cette période de post-floraison, B. subtilis QST 713 s’utilisera à des intervalles de 7 jours environ, en alternance avec d’autres références homologuées contre le feu bactérien.

Intérêts et limites

Intérêts :
- Très bonne sélectivité notamment durant la floraison
- Diminution des traitements fongicides conventionnels
- Modes d’action multiples et différents de la chimie conventionnelle pour une meilleure gestion des résistances
- Pas de LMR (limite maximale de résidus)
Limites :
- Positionnement des interventions demandant un suivi précis des stades phénologiques et du risque de contamination.

Aller plus loin

Sources et liens pour plus d'information :

Inra
Bayer-agri.fr
Bayer-agri.fr

Lien(s) vers d’autres leviers et problématiques

Biocontrôle : laminarine
Prévention des résistances

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