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Fiche Technique L'équilibre de la fertilisation
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Descriptif

L’application des principes de la protection intégrée nécessite d’être mise en œuvre sur des productions dont la nutrition est équilibrée.
En effet, de nombreux liens existent entre la fertilisation de la culture et sa sensibilité aux maladies et aux ravageurs. Les déséquilibres de nutrition d’une culture pouvant affecter la santé de la culture sont soit l’excédent d’un élément, souvent l’azote, permettant de « mieux nourrir » certains ravageurs champignons pathogènes voire de favoriser certaines adventices (Chardon, Rumex, Vulpin, Ortie...) mais aussi des carences qui entrainent des affaiblissements des plantes cultivées. Dans ce cas les affaiblissements peuvent favoriser des bioagresseurs de faiblesse autant animaux (taupins, mouche des semis) que fongiques (fontes de semis) que plantes adventices qui profiteront de la moindre concurrence de la culture.
Cependant il n’est pas toujours facile de faire la part des choses entre l’effet direct de la fumure et les effets indirects liés à la réaction de la plante cultivée.
 
Cas des excès :
-Parmi les excès nutritionnels qui favorisent les bioagresseurs, l’azote est l’élément nutritif le plus souvent cité, c’est ainsi que les excès d’azote sur Tournesol conduisent à des pressions plus fortes de Phomopsis, Sclerotinia et Phoma.(Source Guide de culture Tournesol-Cetiom2012)
-Les pressions de maladies fongiques sont aussi directement liées au niveau de fumure azotée en céréales (Source INVIVO Dephy)  Une fertilisation azotée supérieure à 225 unités/ha conduit à une utilisation plus importante de fongicides. En revanche l’usage de fongicides diminue lorsque la fertilisation azotée est inférieure à 200 unités/ha sur blé.
-On connait aussi l’effet d’excès d’azote sur les pucerons des épis sur blé. Suite à l’emploi d’outils de pilotage de la fertilisation azotée, on constate  une pression plus faible de ces pucerons.
-L’excès de potassium réduit I ‘absorption du magnésium et du calcium lorsque ces deux éléments sont déjà déficitaires dans le sol. En conséquence une déficience en  calcium dans les parois cellulaires  prédispose pour être facilement infestés par les champignons pathogènes
(Marschner 1986).
-Sur colza l’excès d’azote peut favoriser la nécrose du collet due à Phoma lingam
 
Cas des carences :
-La sensibilité au Piétin échaudage (Gaeumannomyces) est réduite si le potassium est ajouté à un apport équilibré en azote et en phosphore (Huber et Arny 1985)
-La même observation a été réalisée pour le soufre (Davidson et Goss 1972)
-Le calcium inhibe la production d’enzymes de Botrytis, champignon susceptible d’entrainer des fontes de semis (Marschner, 1986)Une carence en calcium favorise aussi le rhizoctone (Agrios 1988)
-Le soufre réduit I ‘infection de la fusariose due à Microdochium nivale (Escritt et Leggt l969)
Concernant le soufre il faut toutefois noter que celui-ci peut avoir un rôle fongicide direct. Il est donc difficile de faire la part entre l’action fongicide directe et les effets nutritifs éventuels.
-Les liens entre pathologies et carences en microéléments sont aussi souvent mentionnées. Le bore, le manganèse, le molybdène jouent des rôles différents mais souvent fondamentaux dans la physiologie des plantes. Le bore régularise le métabolisme des glucides, le molybdène est impliqué dans le métabolisme de l’azote, et le manganèse active certaines enzymes. Une carence en bore rend les blés plus sensibles à l’oïdium (Marschner, 1986)
-Enfin les carences limitent la compétitivité des cultures vis-à-vis des adventices en réduisant par exemple le pouvoir couvrant.
 

Conditions

Le raisonnement de la fertilisation
La fertilisation des cultures doit compenser les exportations des récoltes de façon à maintenir un équilibre entre les cultures et leur milieu
Le Tournesol est peu exigeant en nutrition  azotée (besoin total de 4,5unités/quintal produit) grâce notamment à sa forte capacité d’extraction des éléments nutritifs du sol. En fonction du potentiel de production de la parcelle et des reliquats,  il est donc possible d’ajuster la fertilisation azotée afin d’éviter un déséquilibre qui conduirait à favoriser les pathologies.
Dans le cas de maladies (fontes de semis) et/ou de ravageurs (taupins, blaniules, mouches de semis..) de « faiblesse » dont les attaques seront exacerbées par des conditions peu poussantes et dont les dégâts se produisent sur les stades précoces plus sensibles (maïs, tournesol, ..) l’emploi d’engrais starter localisés en ligne au semis et contenant du phosphore peut permettre à la culture de passer ce « cap » des stades sensibles.
L’utilisation d’outils de pilotage de la fertilisation des cultures permet de réduire les risques d’excès et de carence et par voie de conséquence les risques de bioagresseurs associés

Les seuils
La notion de seuil ne s’applique pas à la fertilisation des cultures. En revanche une bonne connaissance des parcelles et une cartographie précise des potentiels de production permettent un ajustement de la ferti aux besoins des plantes.
Plusieurs outils de pilotage sont disponibles pour viser une dose optimale d’azote, ils constituent un complément utile à la méthode des bilans. C’est ainsi que l’analyse de la teneur en nitrate du jus de la base des plantes de blé donne une indication précise sur l’état nutritionnel associée à un conseil d’apport d’engrais azotés en fonction de la densité de plantes, de la variété, de la nature du sol et du stade de la culture.
 

Intérêts et limites

Intérêts :
L’ajustement des apports fertilisants permet de réduire les déséquilibres entre le potentiel de la culture et les besoins de la végétation.  En limitant ainsi les excès ou les carences, l’agriculteur s’expose moins à des attaques de bioagresseurs. 
 
Limites :
Les conditions de sol et la climatologie interagissent avec l’absorption des engrais.
 

Aller plus loin

Sources et liens pour plus d'information :

Arvalis Institut du végétal - Tendre vers la dose optimale grâce aux outils de pilotage
UNIFA - FERTI-pratiques N°30 Localisation d’engrais en ligne au semis
Santé végétale et nutrition : 3 avis croisés - Phytoma N°685 juin -juillet 2015
Témoignages Vidéos Farre

Lien(s) vers d’autres leviers et problématiques

Outils de pilotages
Bonnes pratiques de la fertilisation

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